Outils pour utilisateurs

Outils du site


assoce:guiilde:dnd:campaigns:gardell:good_side:persos:valar

Valar est un personnage joué par Sybil sur la première table de la Visite de Gardell : De Bonne Compagnie, dirigée par Zaratan.




Texte non fini. Attendez un peu avant de le savourer.
/!\ Attention spoil /!\

Prière de ne pas lire ce passé sous peine de sacrifier son plaisir de jeu sur l'autel de la curiosité.




Féeries éphémères

L'homme feuillette négligemment un livre poussiéreux. Il fixe religieusement les flocons duveteux qui s'en échappent à chaque mouvement, fuyant le crissement des feuilles parcheminées.
Suivant des yeux leur bonhomme de chemin, il contemple leur transformation au travers des raies de lumière projetées par les vitraux millénaires. Les voilà qui s'illuminent brièvement, papillons de saleté brûlés par le soleil. Ils s'en retournent ensuite à l'obscurité des rayonnages, Icares anonymes, mais l'homme ne le remarque pas.
L'alchimie mnémonique trouble sa conscience. Dans la vase de ses remords il scrute désormais d'autres étincelles fugaces.
Celles-ci n'avaient pas besoin du soleil pour danser. La lune était pleine. Son éclat bleuté semblait maudire les ombres qui l'entouraient. Le silence s'était fait maître des lieux. Le crépitement mourant des flammes ou le bris de quelque poutre calcinée ne suffiraient à sortir le village des limbes.
Limbes dans lequel il l'avait fait plonger.

Se passant la main dans ses cheveux noirs, il était mal à l'aise. Pour la première fois de sa vie peut-être. Il soupira et, inconsciemment, jeta son manteau maculé de sang dans les feux environnants.
Il se demandait bien comment il avait pu en arriver là.

Fragrances de l'enfance.

Il n'aime pas parler de sa jeunesse. Il la trouve si … morne. Si commune. Pourtant il est loin de l'être et ça le frustre. Sous l'affirmation sans cesse renouvelée de ses pouvoirs, il perçoit d'autant plus la faiblesse qui l'habitait alors.
Gamin crasseux, il fut élevé par sa mère. Elle affirmait son père mort au combat, comme tant d'autres. De ses premières années, il ne garde qu'une sensation vague, un âge d'or perdu. Mais il sait que l'âme ment et que l'innocence a un prix.
Buvant naïvement les paroles de l'autorité maternelle, il avançait sans remises en question.

Comme tant de héros, il lui fallait son élément perturbateur. Et en ces temps houleux le destin ne se fit pas prier pour fournir la clef narrative qui créa Jaromiel Kundiler.
Le changement prit la forme d'une maladie. Sa mère, pourtant jeune mais si triste, était belle et fragile. Comme toutes les fleurs on racontait que cela ne la rendait que plus désirable. Seulement la mort n'est pas coquette.
Les hivers étaient rudes. La petite famille subsistait tant bien que mal et les villageois les aidaient. Jaromiel aurait pu trouver cela étrange dans un pays où la force fait loi. Les maris affirmaient respecter son père et lui devoir beaucoup. Pourtant aucun ne lui donna jamais la même description que les autres… On ne peut demander à un enfant de tout comprendre.
Sa mère tomba malade au début de l'hiver. Tous les soins de l'herboriste locale ne furent suffisant pour la sauver.
Soudain, comme une illusion brisée, le village cessa de s'intéresser au sort du garçon esseulé. On s'en débarrassa et l'envoya dans l'un des nombreux orphelinats réservées aux enfants de soldats.

Ombres de l'adolescence.

Enfant, quand il marchait dans le gazon il l'écrasait du pied, comme tout en chacun. Fasciné il voyait aussi l'ombre des herbes onduler à son approche. Dans la pénombre des forêts il entendait une respiration sempiternelle et les teintes de noir lui semblaient infinies. Les autres n'y voyaient que l'obscurité. Lui, il percevait les fragiles nuances de ces tableaux en clair-obscur.
Lorsqu'il fixait la bougie qui trônait sur la table de sa mère, il se laissait hypnotiser par la danse imaginative des ombres sur le bois. En comparaison la flamme lui paraissait terne et … si peu imaginative ?

Mais revenons à l'orphelinat. Le voilà, chevreau égaré prêt à être dévoré par les loups. N'ayez aucun doute, il le fut. Ses premières années furent dures : brimades, humiliations, privations… Hextor lui-même semblait prêt à lui faire payer sa faiblesse. La propagande cléricale rongeait peu à peu les tendres réminiscences de sa mère. Avec le temps sa rage s'élevait, prête à submerger les autres. Et désormais, aux limites de son regard, comme désirant échapper à son attention, les ombres s'agitaient furieusement, dansant frénétiquement pour étouffer l'éclat lumineux des torches.

On l'appelait le rat, puisqu'il aimait se cacher dans le noir. Sous la haine des pensionnaires se terrait une terreur indéfinissable. Leur inconscient appelait à la prudence, leur idiotie demandait du sang.
Et il vint, sous la forme d'un gamin arrogant qui crut “Lui faire rejoindre son connard de père : trois pieds sous terre”. Depuis son entrée à l'orphelinat, Jaromiel n'avait qu'une envie : devenir une ombre. Tout comme elles, il voulait juste danser joyeusement à l'orée des regards. Et qu'on l'oublie. Ce jour là, ce désir devint plus grand encore. A chaque coup, il se recroquevillait un peu plus sur lui-même. A chaque rire, son désir grandissait de se fondre dans l'ombre. De devenir intouchable, tout comme elles.
Son souhait fut exhaussé et l'ombre qui se lovait sur Jaromiel dévora le gamin imprudent.
Avec la puissance vint la fin de l'innocence.


Aëltas Derelouen * Amélia * Andaril * Azurnil * Edhelchel * Ganolo * Kili * Nyr * Roxanne * Tenn Soran * Torenn
Retour à la page de la campagne
Lire les carnets de voyage de Tenn Soran


Retour à l'accueil

assoce/guiilde/dnd/campaigns/gardell/good_side/persos/valar.txt · Dernière modification: 2015/08/12 14:05 par fourny2009