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Chapitre 4: Retour mouvementé à Bas-Jumyl

Je reprends mon carnet depuis les hauteurs surplombant Bas-Jumyl. J'ai dû fuir le village. Mais reprenons là où nous en étions restés.

Après avoir libéré le diable, perdu un compagnon et laissé derrière nous une quantité effroyable d'acide qui doit toujours être en train d'occasionner des dégâts dont je n'ose imaginer l'ampleur, nous avons pris le chemin du retour.

Le trajet aurait pu bien se passer.
Le trajet a failli bien se passer.
A peu de choses près, nous aurions même pu nous en tirer avec les honneurs.

… Ce fut une catastrophe.

Si la bêtise naine a choisi de se concentrer en un seul être, il s'agit sans aucun doute de Kili. Qu'a-t-il fait, encore ? Vous allez voir ça. Il me faut vous narrer toute la rencontre à laquelle nous avons eu droit.

Andaril, Amélia, Nyr, l'autre abruti et moi marchions sur le sentier qui mène à Bas-Jumyl depuis deux jours, sans avoir effectué une seule rencontre.
Quand Andaril, qui a le nez fin, nous fit constater à juste titre qu'il flottait dans l'air comme une odeur de chlore. Qui s'intensifiait de plus en plus. D'où pouvait provenir cette odeur ? Nous n'eûmes pas à attendre longtemps pour avoir la réponse : une masse écailleuse portée par des ailes de chauve-souris, pointant sur nous ses yeux de lézards fichées dans une tête à la gueule garnie de crocs : c'est un Dragon Vert qui est apparu devant nous ! Il a soufflé, et, mes aïeux ! Quelle douleur ! Le monstre expulsait par les naseaux une vapeur concentrée en acide chlorhydrique - moi qui ai quelques connaissances en poisons et alchimie, j'ai immédiatement reconnu la substance - qui s'est mise à ronger nos chairs ainsi que notre attirail ! Le combat s'engagea dans l'instant. Je devenais invisible pour frapper, n'ayant plus à me soucier du regard du prêtre mort. Le barde chantait et frappait. Les nains combattaient bravement eux aussi ; mais la paladine subit une attaque effroyable du monstre, qui d'un coup de gueule lui arracha la jambe, avant de l'avaler tout entière. Nous la crûmes perdu à jamais.

Le combat fit rage plusieurs minutes durant, mais ne produisit pas d'autre victime de notre côté. Quand enfin la créature s'écroula toutefois, nous étions tous rongés par l'acide, blessés, et fourbus. Nous entendîmes la paladine qui essayait de ressortir du cadavre du monstre - elle était encore en vie ! Je crois que son katana magique n'est pas étranger à la chose. Elle allait sortir…

… Quand survint l'apocalypse. C'est à cet instant que Kili, brillant dans sa stupidité, eut l'idée d'aller ouvrir à la hache le ventre du Dragon. N'en avait-il pas eu assez avec le loup géant ? Il faut croire que non. Andaril et moi eûmes tout juste le temps de courir loin du corps de la bête immense, et de plonger derrière l'abri tout relatif qu'offraient quelques broussailles. Grand bien nous en prit : sans cette tentative désespérée de trouver un refuge, la gigantesque explosion que provoqua le nain en abaissant sa hache nous aurait tués sur le coup. Nyr, qui n'avait pas eu le temps de s'écarter assez, sombra dans l'inconscience. Car le souffle corrosif de l'explosion fut un véritable vent de Mort, qui balaya tout sur plusieurs dizaines de pas alentours. Vêtements, sacs, armes et armures… peaux et chairs, tout fut attaqué. Nous nous retrouvions aussi nu que l'adversaire que nous avions combattu. Et mal en point. Seules les lames magiques, et - Dieux merci ! - le gros de mon sac, avec le trophée et le présent manuscrit qu'il contenait, ainsi que notre or, ne furent pas détruits.

Une fois le silence retombé, des réactions diverses suivirent…
Abasourdi par la bêtise de Kili, je ne savais même plus quoi faire pour lui, et décidai de prendre soin de son compagnon Nyr.
La paladine et le barde entreprirent de mettre fin aux jours du dangereux énergumène qui, une fois encore, avait sérieusement mis nos vies en danger…
Et ainsi mourut Kili.
Le barde Andaril choisit ce moment pour quitter le groupe. Je ne sais pas où est-ce qu'il a bien pu partir. Peu importe. Nous avons continué, le nain restant, la paladine et moi, notre route. Je ne pouvais m'empêcher parfois d'admirer les courbes gracieuses d'Amélia. Une vision magnifique : le seul présent que m'ait offert ce Dragon. Fort réduite malheureusement du fait que la paladine ne possédait plus qu'une jambe désormais, et s'appuyait sur deux béquilles pour avancer…

C'est ainsi que notre troupe réduite débarque dans un étrange accoutrement - sans accoutrement, pour être exact - au village. Mais personne n'est là pour nous voir. Il n'y a rien, les lieux sont déserts. Un silence étrange plane sur les constructions…
“Allons voir le Temple”, propose le nain. Amélia approuve… Et moi de les suivre. Mais le temple est vide lui aussi. Pourtant nous percevons un ricanement à son sommet. Nyr et moi montons l'échelle qui mène à la cloche du temple - une pièce en fonte ouvragée, magnifique, devant bien peser trois bonnes tonnes - et de là sur le toit. Je vis sur le dos du nain une bien étrange, et fort malicieuse créature : il s'agissait d'un diablotin rouge d'un pied de haut, qui piqua de sa queue pointue la main de mon compagnon lorsqu'il essaye de l'en déloger. La créature fila alors se cacher sous la cloche, où elle disparut. Nous ne pûmes retrouver sa trace, jusqu'à entendre à nouveau le ricanement sur le toit. Nous remontons. Le diablotin repique le nain, et retourne se cacher sous la cloche tandis que la paladine, s'impatientant, commence à tenter l'escalade. Dans une tentative lamentable pour déloger la bestiole, Nyr, que j'ai commencer à soupçonné aussi futé que son défunt camarade, asséna un violent coup de poing sur la cloche. Qui vibra en réponse. Je me bouchai les oreilles ; mais que pouvait faire la paladine ? Elle ne lâcha pas les barreaux mais en fut quitte pour être assourdie. Elle n'entendit pas les ricanements moqueurs de ce fichu diablotin… qui revint piquer le nain.

N'y tenant plus, ce dernier rentre en rage. Il court dans tous les sens sur la plate-forme à la recherche de son minuscule adversaire. Entre alors un inconnu dans le temple, en qui nous reconnaissons un paladin de Saint Cuthbert. Facile à indentifier : il porte une statuette en marbre de trois pieds de haut, représentant la divinité, attachée sur son dos. Intrigué par le raffut, il entreprend la montée. Je choisis cet instant pour redescendre, de l'autre côté de l'échelle : car c'est là que Nyr décroche une petite poutre du plafond et s'en sert pour frapper de toutes ses forces sur la cloche ! La paladine en reprend pour ses tympans. J'étais déjà à terre ; le nouveau-venu, lui, en lâche les barreaux et tombe à la renverse. Il heurte le sol dans un fracas métallique que couvre à peine le bruit de la cloche : il portait une armure de plaque ! Impossible pour lui de se relever seul. J'essaie de l'aider, bientôt assisté par la paladine qui est redescendue, préférant laisser seul en haut le nain enragé.

Contre toute attente, sa bêtise fut encore plus grande que ce que nous craignions. Il ne faut jamais sous-estimer un nain enragé. Ce nigaud excédé par le diablotin, refusant de continuer à voir l'ennemi se cacher sous la cloche, … a décroché cette dernière, qui est venue s'écraser dix mètres plus bas !… En plein sur les deux paladins ! Le nouvel arrivant fut très salement amoché.
Amélia mourut sur le coup, la nuque broyée.
Surgirent à ce moment là deux nouveaux personnages, une elfe qui dégageait une aura de puissance, et un druide humain accompagné d'un loup qui n'a pas manifesté d'hostilité à notre égard. Tout ce beau monde réuni a soigné en partie le paladin encore en vie, et essayé de le sortir de sous sa cloche ; finalement le loup a réussi à le traîner en lieu sûr alors que nous soulevions l'objet. Laissant sur place un paladin trop faible pour esquisser un mouvement, les deux nouveaux arrivants s'en furent converser hors du temple, et j'allai les rejoindre.
Mais le nain…

Le nain crut bon de ramasser l'arme enchantée de feu Amélia. Cette arme qui pousse son détenteur à sauter sur tout ce qui semble maléfique… Je suppose, en reconstituant la scène, qu'à ce moment là le diablotin s'est approché de lui pour lui suggérer les choses de cette façon : “Tiens, regarde dehors, ces trois personnages sont justement très mauvais…Ils complotent forcement contre toi…” Et le nain, dans sa rage, incapable de réfléchir, de se précipiter à l'assaut. Il me porte un coup - j'esquive. Il s'attaque alors au druide, qui produit, par je-ne-sais quel enchantement, des lianes et des ronces qui s'agrippent aux jambes du nain et l'empêchent d'avancer. Mais le loup fonce au contact, et meurt terrassé par le terrible katana. Un déluge de foudre s'abat alors sur l'inconscient…
… Et fait passer Nyr de vie à trépas. Du groupe parti au temple, j'étais désormais le dernier…
Je crus voir pendant le combat un paysan nous observer, mais il avait disparu lorsque le nain fut tombé. Le diablotin l'a suivi de très près. Il s'est approché un peu trop de l'elfe, elle-même réapparaissant d'on-ne-sait où, qui lui expédia un projectile d'énergie pure et mortelle à la figure.

J'eus à peine le temps d'apprendre le nom de mes nouveaux compagnons de fortune : le druide se nommait Azurnil, tandis que l'elfe mage avait pour nom Edhelchel. Mais la conversation fut écourtée par un besoin impérieux de combattre : Stalaë avait senti une force puissante à l'œuvre, et rêvait de plonger dans ses chairs. Je mesurai pour la première fois le danger que représentait cette arme : nom contente de refuser d'être rengainée, elle me poussait malgré moi à partir au combat contre les créatures magiques puissantes. C'était pourtant bien trop dangereux, même accompagné par Ganolo, revigoré par le druide après que le diablotin eut entrepris de piquer le paladin (resté seul dans le temple lors de l'ultime combat du nain). Je n'eus pas à chercher longtemps pour tomber, au détour d'une rue, sur… Le diable que nous avons libéré du temple ! Heureusement, il m'inspira sur le coup une frayeur telle que j'en oubliai les ordres de Stalaë et prenait mes jambes à mon cou, le paladin sur les talons.

Sortis du village, nous avons retrouvé le druide et l'elfe, qui ne s'estimaient respectivement pas prêt et peu encline à la bataille. Nous avons convenu toutefois de retourner nous occuper du monstre demain. Ce soir, depuis les hauteurs, nous voyons monter de la place du village les flammes d'un grand brasier…

Nous sommes retournés au village. Préparés et déterminés. Accompagnés d'un prêtre de Pélor, Torenn, qui passait par là. Mais au début, pas moyen de retrouver l'immonde créature. Nous avons trouvé un forgeron nain en revanche, qui nous aurait sûrement été très utile au combat. Mais il n'y eu pas moyen de le convaincre de nous aider : il nous prenait pour des diablotins déguisés ! La provocation n'a pas non plus fonctionné. Edhelchel l'a insulté, sans succès. Je recommençais, en langage nain… Et ce rustre me lança un projectile à la face ! C'était une magnifique hache de lancer naine… Que je pus observer de bien trop près à mon goût. Nous fûmes attaqués par de nouveaux diablotins : six d'un coup ! L'elfe m'a débarrassé de celui que j'avais dans le dos. J'ai tué tous les autres, avec un peu d'aide de Ganolo, qui, je lui concède, a bien dû en affaiblir un peu un ou deux… Je n'ai pas trop compris ce que faisait l'elfe pendant ce temps : je crois qu'elle discutait avec l'une des créatures pour s'en faire un allié ! Ce fut sans résultat probant, à ma connaissance.
Torenn avait été piqué à plusieurs reprises, et gisait à terre, paralysé par le poison de ces viles créatures. Nous fîmes donc halte dans ce qui ressemblait à un bazar, une échoppe contenant de nombreux articles disparates, que nous pûmes fouiller à loisir : le propriétaire des lieux avait fui depuis plusieurs jours. Edhelchel découvrit un lot de fioles qu'elle décida de faire ingurgiter au prêtre, histoire de voir si l'une d'elle guérissait son mal. Je crois que la deuxième tentative fit effet. La première aussi, mais pas de la même façon : sans sans douter, l'elfe avait fait boire à l'humain une pleine flasque d'alcool de poire ! Il était dans un bel état, notre guérisseur…
Pour ma part, je récupérai des vêtements et un sac à dos convenables, pour me débarrasser des lambeaux de tissu que m'avait laissés le Dragon. Lorsque Torenn se sentit mieux, et qu'Edhelchel eut renoncé à trouver des objets magiques au sein du capharnaüm qui occupait l'arrière-boutique, nous décidâmes de retourner au temple. Qui savait ce que nous trouverions là-bas ?

Sur la place de la ville, pas de traces du brasier de la veille. De même au temple, ne subsistait pas la moindre trace de notre passage : disparu les cadavres, disparu le katana ; même la cloche s'en était retournée à son emplacement d'origine ! Mais au plafond…
Au plafond nous entendîmes le grincement caractéristique qui tenait lieu de rire au diable. Sauf qu'au lieu de passer à l'assaut, il choisit ce coup-ci les négociations. En effet, la créature voulait le village. Pour elle, et pour ses diablotins. Mais ses ambitions s'arrêtaient là ! Elle ne souhaitait pas faire de mal aux habitants, qui n'avaient fui que de terreur, et ne visait pas d'autres méfaits que les quelques tours qu'auraient pu commettre les diablotins. D'abord réticents, nous décidâmes de la croire lorsqu'elle vint, visible, devant nous en gage de bonne volonté. Pouvions-nous, dès lors, l'abandonner ici en lui confiant le village ? L'idée ne plaisait pas outre mesure, mais je ne nous pensais pas capable de la vaincre. Ma lame insistait pour mener la bataille, mais la frayeur que provoquait le monstre me retenait : je tremblais de tous mes membres ! Les pourparlers allèrent de l'avant. Ganolo et Azurnil, ancrés dans leurs idéaux, ne purent se contraindre à laisser la créature en paix. Aussi Edhelchel et Torenn convinrent d'un arrangement avec elle : si elle mettait les deux autres dans l'incapacité de combattre, nous pourrions partir en les emmenant avec nous et la laisser en paix ! Lorsque le diable, acceptant le marché, passa à l'attaque, je ne pus me contrôler davantage et entamai une fuite éperdue. J'ai eu l'air d'un peureux, peut-être ! Mais les autres n'avaient pas vu de quoi était capable la créature en combat. J'ai retrouvé les autres quelques instants plus tard : le paladin et le druide inconscients étaient traînés par l'elfe et le prêtre. D'après les échos qui me sont parvenus, le combat avait été très bref…


Nous nous sommes éloignés un peu afin d'empêcher Ganolo de se précipiter à nouveau au combat. Azurnil n'a rien voulu savoir : il y est retourné. Je prierai pour son âme. Ainsi que pour celles de tous mes défunts compagnons de fortune. Et je crains d'entendre résonner encore longtemps dans mon esprit les ricannements de ce maudit diablotin, responsable de la mort de deux d'entre eux…


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